dimanche 20 mai 2018

Fête Dieu dans le village de Louise, Joseph, Rosalie, Pierre... mon village !!

photos très actuelles... et cela a lieu tous les deux ans, i.e. cette année en juin !
Pour compléter mon commentaire sur mes "Tranches de vie..."
Merci de votre intérêt
Bisous Anne !!











vendredi 18 mai 2018

Tranches de vie...( 29 )

Bonne fin de semaine et bonne lecture...


Tous ces ingrédients sévèrement surveillés par les deux ou trois « artistes » tapissiers du village qui allaient en faire des merveilles ! Des tapisseries en sciure ou fleurs , mosaïques ou thèmes comme la communion, l’Esprit, le vin, le raisin surtout, le pain, etc… toutes ces thématiques bibliques connues de chacun, que l’on allait retrouver sur le sol juste devant ces autels d’un jour. Remarquables tableaux d’un jour, d’une beauté et d’une perfection rare… cela ne pouvait que susciter l’admiration !
Notez que, ce qui, par la suite, une fois que j’ai personnellement connu cette tradition, me mettait dans une rogne incroyable quand le curé, les servants de messe les piétinaient en n’ayant aucun respect pour ces œuvres d’art, souvent je traînais après le passage de la procession et je remettais tant bien que mal fleurs et couleurs en état, du mieux que je le pouvais…
C’était grandiose, croyez moi, une des fêtes et cérémonies dont je ne peux épurer ma mémoire, et par un miracle, cela a recommencé sous une forme un peu plus réduite, depuis le début des années Deux-mille.(je reviendrais sur le sujet...)
Revenons aux mœurs et coutumes. En ces temps- d’après guerre la croyance, catholique, pour ce qui concerne nos familles, était au plus fort. Ce dimanche de la Fête Dieu il y a eu jusqu’à six voire sept autels construits spécialement pour cette journée et répartis dans le village sur toute sa longueur et largeur, il y en avait un de construit au sein même de l’usine.
Après avoir défilé en martelant les tambours, grand-père Pierre rentrait vite chez Rosalie et après une petite collation repartait pour rejoindre l’ensemble de l’harmonie qui allait être en tête de la « procession, puis, menée par le « garde suisse et deux servants de messe qui portaient les lanternes puis ceux qui étaient à la tâche du port de la « croix » de l’encensoir et du bénitier, suivait le « ciel » ( de Himmel !) , le « dais » de couleur dorée et avec des plumes disposés sur ses angles et au centre…, porté par les « pompiers volontaires » du village, en uniforme de parade, et derrière lequel prenaient la file , la chorale et le chantre, donc en l’occurrence comme je le mentionnais déjà, c’était la place de mon grand-père Joseph… du temps de son vivant.
Quelques années plus tard mon papa, Aloyse, était en belle place car pour les hymnes, chantés lors de la traversée du village, ce fût lui qui les entonna quelques années durant…. Pange lingua, Te Deum, Tantum ergo, de belles pièces chorales à quatre voix… qui étaient, à chaque arrêt devant les autels-reposoirs reprises, de façon répétitive mais pas du tout lassante, par les fidèles et la chorale.

jeudi 10 mai 2018

Tranches de vie ... ( 28 )

Me revoilà...bonne lecture !


La famille de Pierre...
Sans faire de comparaison avec Louise et Joseph, je ne saurai le faire d'ailleurs, tant je n’ai pas assez d’informations sur leur passé, Pierre et Rosalie menèrent une vie de couple ouvrier dans un village en pleine expansion après une guerre dévastatrice pour tout le monde. Et on s’y accrochait de toutes ses forces. Une fois fini le travail il fallait aller en forêt couper du bois, des stères et des stères de bois que Pierre abattait, car il le faisait aussi pour d’autres et pour gagner quelques sous supplémentaires et garnir les casseroles surtout le dimanche. Pierre et Rosalie aidaient aussi le boucher quelques fois quand ce dernier était en pleine saison de charcuterie. Mais voilà, Rosalie fût à nouveau enceinte et un deuxième fils, Aloyse, en fût le fruit. Leur autre fils s'appelait Joseph, qui aura, lui aussi trois enfants avec son épouse , un garçon et deux filles...
Pierre, qui était musicien, en quelque sorte, oui et même moi je m’en souviens, adorait tambouriner sur le coin d’une table, ou sur un seau, ou encore faisait mine de jouer du tambour avec des bouts de bois coupés, qui servaient afin de faire le premier feu du matin… Il aimait, disait-il et ce n’est que naturellement qu’un jour il a rejoint la troupe de l’harmonie des cristalleries du village. Voilà une activité qui était une sorte d’institution au même titre que les chorales des grands et des petits à l’église…
Quasi chacune des familles dans le village a fourni et le fait encore des membres à vie de ces ensembles. D’autres, moins musicaux devenaient servants de messe ou encore pompier volontaire, mais l’usage le voulait et c’était pour tout le monde une sorte d’obligation de vocation.
Le jour de la Fête Dieu, Pierre était sur son trente et un. Rosalie lui repassait son uniforme de l’harmonie de la cristallerie et dès l’Angélus du matin, Pierre s’apprêtait pour le défilé des tambours au travers de tout le village.
Bien plus tôt le matin, d’autres personnes du village avaient été faucher de l’herbe haute, qui se devait d’être fraîche, pour ensuite la semer en grandes fourchées sur la route du haut des charrettes tirées par les bœufs (et plus tard les tracteurs). D’ autres coupaient des branchages de châtaigniers et de bouleaux pour aller les dresser le long de la route qui traversait le village et menait au travers de l’usine, en conduisant finalement à l’église en pierre rose tout en haut de la colline la plus haute du village. Des drapeaux jaunes et blancs, tout comme des banderoles identiques, servaient à les décorer, à la plus grande joie des tout petits, qui souvent avaient le droit de les « arracher » et de les garder pour eux…
Les plus doués, côté artistique, avaient préparé dans la semaine des seaux remplis de sciure de bois coloriée afin de faire ce qui était une particularité du village, cela se pratiquait ailleurs aussi, mais là c’était quoique l’on en dise « différent ». Les femmes surtout cueillaient les fleurs de roses, d’asters et de dahlias qu’elles avaient fait pousser avec amour tout le printemps durant. Les genêts faisaient aussi partie de leur récolte matinale ainsi que les marguerites... Une « armée de fourmis » s’affairait dans et autour du village et pour dix heures tout devait être achevé !
(à suivre...)


jeudi 19 avril 2018

Tranches de vie... ( 27 )

Il fait trop beau dehors... pour être dedans... mais comme nous allons aller en villégiature, une dernière publication avant mi-mai... Bonne lecture et à très bientôt !


La famille de Joseph
Tout ce que sa fille Marie Antoinette m’a dit c’est qu’elle avait eu un papa extraordinaire. Elle le vénérait . Joseph était bon et généreux, il ne pensait jamais à soi, c’était toujours les autres qu’il mettait en avant.
Il aimait ses trois enfants et chérissait sa Louise, il lui réalisait plein de belles choses en ébénisterie, un coffre à tricot et broderie avec des incrustations de perles, de bouts de cristal taillés, de miroirs et de petits clous de décoration, un peu de marqueterie aussi et de bois taillé. Il s’était mis aussi à fabriquer des meubles. Chaque enfant aurait pour son mariage au moins une « salle à manger », soit table et chaises d’ ébénisterie et un vaisselier bahut de très grande taille. Les portes de ces derniers étaient décorées avec des motifs ciselés et réalisés manuellement collés ensuite sur les portes, un de ses buffets comportait même des panneaux entièrement ciselés dans la masse, mais cela devait être un travail pharamineux et Joseph, avec l’âge, était devenu maladif et peu résistant.
Cela ne l’empêchait pas de vaquer à ses occupations favorites de chantre et de papa. Il emmenait Marie Antoinette et Marie Thérèse, l'aînée des filles, quand il allait à l’office du matin, vers six heures, et ensuite ces dernières l’aidaient à ranger les prie-Dieu et les bancs avant de s’en retourner et d’aller à l’école. Pierre, le fils de Louise et Joseph était assez timide et secret…il ne le resta pas autant , mais cela plus tard…
Une anecdote parmi d’autres pour finir de parler de Joseph. Pendant les années de guerre 39-45, notre village a été au centre des bombardements lors de l’affrontement entre les allemands et les américains venus pour délivrer les villages occupés . Tous les jours pendant quelques semaines, le village était arrosé d’obus qui étaient tirés d’un versant à l’autre du village et les habitants restaient quasi tous reclus dans les caves en gré rouge derrière les maisons du village… l’usine elle était à l’arrêt bien sûr faute d’approvisionnement et aussi par manque d’argent. Beaucoup de jeunes et plus vieux avaient été enrôlés dans les armées, allemandes mais Joseph lui, tous les jours s’adonnait à son rituel et allait non seulement sonner les cloches mais aussi allait prier souvent avec le curé.
Un jour, dans l’après-midi, à l’arrière du presbytère le curé et Joseph marchaient en priant le bréviaire ensemble, soudain les bombes ont fusé, l’une d’elle tombant et explosant à quelques dizaines de mètres de l’endroit. Ni Joseph, ni le curé n’ont eu de réaction. Le mortier explosât, et... un éclat fusa et traversa les mains ouvertes du curé tenant le bréviaire ouvert et rasant l’oreille de Joseph, siffla en se fichant dans un arbre voisin : dans notre famille, ce « bréviaire » est devenu relique, un cousin, fils de Pierre, le garde précieusement ! ( d’ailleurs c’est aussi ce dernier qui a gardé et pris soin de l’harmonium de Joseph…). Nous sommes tous d’avis dans la famille que ce jour là il y eût un vrai miracle et que ce sont certainement les prières qui ont sauvé les deux protagonistes de cette « anecdote »… Le bréviaire brûlé et traversé par l’éclat d ‘obus en est une preuve !!!
Le reste du temps, Joseph comme déjà dit, s’occupait à travailler dur et il ne faisait pas attention à lui mais seulement à sa famille (sacrée) et voulait gâter tout le monde mais dans la décence et le respect de la « religion ».
Ainsi, la famille allait bien et tout se déroulait dans la tranquillité villageoise. Joseph et Louise étaient respectés et s’adonnaient souvent, très souvent à faire le bien autour d’eux et de leurs enfants, car il devait « rester quelque marque » de leur passage : mais un beau jour, Joseph, après une courte maladie, et une occlusion intestinale, mourut au grand regret de tous ses proches et comme on dit : beaucoup trop jeune, à peine la quarantaine !
Une vie trop courte et certainement inachevée pour ce rêveur et perfectionniste, je ne sais si quelqu’un a pris réellement sa succession, ou si au moins l’un d’entre nous, ses descendants, a en lui ces qualités qui en ont fait une personne « unique » que bien entendu, qui que ce soit aurait eu grande envie de fréquenter.
Avec son frère et sa soeur, ma tante Thérèse et Pierre mon oncle, ma maman, Marie-Antoinette, n’a pas eu la chance de voir son papa rester bien longtemps avec elle, et, je le disais déjà, je n’ai pas eu le bonheur d’avoir connu mon grand-père maternel Joseph.
.../...




mardi 10 avril 2018

Tranches de vie... ( 26 )

après un weekend de printemps formidable revenons à nos moutons...



Joseph, à court de travail, partit aussi « s’ exiler » pour travailler en Meuse, dans le Haut-Rhin, du côté des frontières où l'on trouvait du travail mieux rémunéré que dans l'usine, pendant et peu après les années de la deuxième guerre et souvent il écrivait « simplement » à Louise et ses enfants pour leur dire son amour paternel et ses pensées affectueuses de mari et de papa lointain… Quelques écrits de ce type, souvent des cartes postales en noir et blanc, dont le texte était pratiquement toujours rédigé en langue allemande car c'était ainsi dans cette Lorraine ballottée, sont toujours dans ma « boite famille » dans la bibliothèque…
Après cette guerre, son fils et ses filles n'ayant pas été épargnés dans leur mental et touchés par les difficultés financières entre autres, il continua à forger avec Louise leur « forte » éducation religieuse tout en finissant de « construire cette réplique de Bethléem et de Jérusalem pour les intégrer au projet de « crèche » pour son exposition lors des fêtes de Noël dans cette belle et nouvelle église (cathédrale) du village.
Il réalisât ainsi le temple, avec son rideau rouge et sa coupole, au fond de l’ensemble, les « tables de la loi » étaient représentées et mises en valeur. Il construisit le palais de Pilate, l’une ou l’autre réplique de « bâtisse » que lui suggéraient les livres et documentations qu’il lisait et reproduisait… Pour finir l’étable devait être grande et serait à l’avant de l’ensemble. Les maquettes trôneraient sur plusieurs hauteurs et le « papier rocher » et les sapins de petite taille et quelque arbustes à feuilles caduc représenteraient les environs. Pour les personnages il les choisirent ensemble avec le curé et les représentants du « conseil de fabrique »… Il y aurait des animaux, des moutons de tailles différentes, des chameaux.. eh oui, un âne, un bœuf et puis tous les personnages : Marie, Joseph, Jésus bébé sur la paille dans une crèche, et puis les bergers, les rois mages, tous les visiteurs… et ensuite les anges… ces figurines en plâtre et en bois, des santons, bien que leur tailles étaient assimilables à des statuettes...
On réalisait, sur des tréteaux, des échafaudages, et des morceaux de bois, planches et poutres, une reconstitution paysagère en trois dimensions de ce qu’il imaginait avec l’aide de ses collègues, et qui prenait place un mois avant Noël dans le chœur gauche – celui, consacré à Marie, le chœur opposé l’était à Joseph… dans la nef de l'église. Il y avait des collines, on installait des sapins coupés dans la forêt, des grandes plaques de miroir figuraient les étangs, les lacs, des ponts en bois enjambaient des rivières en papier brillant, en fin de compte on n'avait aucun mal à croire que cela ressemblait vraiment au pays de Jésus... et à l'environnement de la nuit de la nativité. Pour aider, à l'éclairage de l'ensemble on se servait de lanternes au début. Par la suite des lumières électriques furent installées. Une « tirelire » humaine, un page de couleur servait à recueillir quelques sous et l'ensemble s'éclairait, c'est toujours pareil aujourd'hui, et il faut remercier les jeunes qui avec certains anciens qui s'appliquent ensemble, encore tous les ans, pour faire « survivre » cette coutume. Merci à eux pour leur passion et travail d'entretien et bien évidemment : Merci à Joseph !
Voilà qui rapporte un peu plus en détail ce que l'on m'a rapporté sur cette réalisation osée et réussie de mon grand - père Joseph !


photo ajoutée qui montre l 'environnement de la "crèche" , les palais et demeurres imaginées par Joseph...et l'orgue des débuts de Joseph en partie, la vierge de l'autel ainsi qu' une bonne partie de l'aménagement... il y en a d'autres, je les publierai vers Noël cette année...

nb : ce weekend nous avons été dans le village et mon ami JCD y exposait quelques anciennes photos, j'ai appris quelque chose de nouveau, nous avons habité à deux endroits du village, le premier en face de l'usine, j'en ai déjà parlé... mais je ne savais pas que notre deuxième logement, celui de l'ancienne école primaire se trouvait face au bâtiment et à la placette d' ancienne mairie et donc aussi de l'ancienne église du village réhabilitée en mairie lors de la construction de la "cathédrale" dont il est question dans mes "tranches de vie..."

Bonne semaine

samedi 7 avril 2018

La beauté n'est pas qu'une sensation...

Elle existe...!

Quelques photos lors de nos nombreuses visites au musée à ST Louis... Appréciez et aimez !!






Un excellent weekend à vous qui passez ici !

mardi 3 avril 2018

Tranches de vie... ( 25 )



Et voilà la suite... enfin...
Bonne lecture et bonne semaine à vous !!
Le PROJET de Joseph, objet d'une passion…
Joseph avait commencé à réaliser quelques miniatures de maisons et de maquettes de bâtiments qu’il copiait de livres de bibliothèque prêtés par son ex-instituteur, qu’il transformait en plans à sa manière et qu’il convertissait ensuite en pièces découpées, fignolées et parfaitement adaptables pour former des quartiers de village… mais ce qu’il voulait faire c’était reconstituer un tableau de bâtisses qui référeraient à la vie de celui qu’il vénérait de tout son cœur, Jésus de Nazareth…
Cela lui était venu à force de fréquenter le bon curé du village qui l’avait pris sous sa coupe en l’introduisant dans la pratique de la lecture de la Bible et surtout de la connaissance de la base de toute religion : le catéchisme. De plus Joseph avait repris à son compte la « sonnerie journalière » des cloches, de l’Angélus en particulier. Trois fois par jour il allait sur la colline et mettait en route les cloches qui remplissaient le village de leur musique, même l’usine se taisait quand elles sonnaient. Il sonnait aussi les cloches pour le glas, les enterrements et bien sûr les mariages. Tous les jours, en fin d’après-midi il allait accompagner le curé durant la lecture de son « bréviaire » et à force ils le priaient à deux… Joseph fût dès lors surnommé le « chantre »…
Il s’occupait avec un de ses amis de former les servants de messe et lui en plus, animait les répétitions du chœur des « petits » qui de leurs voix d’enfants répondait à la « grande chorale » les dimanches et les jours de fête. Au mois de mai, le mois de Marie, tous les soirs il était présent pendant les « rosaires » c’est là que les enfants priaient le chapelet et les adultes se retrouvaient ensemble… Joseph était là aussi pendant les vêpres le dimanche en fin d’après-midi… enfin une vie de saint !
Ah, je n’ai jamais connu Joseph, mais j’imagine ce qui se passait dans sa tête. Il y a des jours où cela devait bouillir, non seulement parce-que les idées germaient mais parce qu’il avait tellement de choses à réaliser qu’il ne savait plus où débuter… Je ne saurai dire, mais à voir ses maquettes de maisons et de palais royaux, impériaux même, ce temple…, par lequel il a certainement commencé son travail créatif, il n’y avait pas de doute il était inspiré.
J’imagine Joseph lors de sa prière du matin, demander à Dieu et aussi à la mère de Jésus, qu’il vénérait, de lui donner force et courage à l’ouvrage pour chaque journée. Sa vie avec Louise était plus que minutée, ordonnée, en fonction des services religieux, des besoins de la paroisse et de l’emploi du temps et du travail de Joseph. Ce dernier s’était rapproché spirituellement de son curé, de ses curés successifs, et il en était même à les accompagner durant leurs lectures journalières du « bréviaire », le livret des officiants religieux… Il s’était au fil du temps habitué à leur donner la réplique lors des moments de prières, de récit des Psaumes et du chant de cantiques. En fait Joseph était vraiment ce « chantre » au service de toutes et tous en ce qui concernait la vie du village, son métier passait souvent au second plan, du moins je le suppose, car vu sa constitution frêle et cagneuse, il était certes résistant mais…




Joseph et Louise

jeudi 29 mars 2018

Tranches de vie... ( 24 )

Je vous souhaite de Joyeuses Fêtes de Pâques !!!

la suite...


Rosalie / Louise et Joseph
Rosalie avait aussi en plus de son frère Aloyse, une soeur qui très jeune était entrée dans les ordres. « Soeur Pauline Marie » était son nom de servante. Elle était entrée au Couvent de St Jean de Bassel en proche Moselle et y a passé son temps d'études. Elle fût enseignante en français et allemand, et en littérature. Et évidemment était une lectrice acharnée de la Bible. Toutes les semaines elle adressait à sa famille entière des images pieuses, adossées d'un commentaire ou d'une prière pour le récipiendaire. 
...Elle était comme cela « Tante soeur », car quand début des années cinquante quand le second fils de Rosalie, Aloyse se maria avec la plus jeune des filles de Louise, Marie-Antoinette, Tante soeur prit en main leur formation religieuse au couple et à la paternité et la maternité. Une lettre par semaine et cela jusqu'à ce que les jeunes tourtereaux soient selon elle en capacité de tenir en couple et d'élever des enfants. Elle fût ravie de ma naissance, et s'organisa pour me faire parvenir des petits mots et des images pieuses destinées à ma propre formation religieuse. Elle le faisait avec tous les membres de sa famille aussi.L'occasion d'y revenir se présentera certainement...
Rosalie qui partageait la vie de Pierre, ne tarda pas d’être enceinte de Joseph, leur premier fils. Pierre travaillait à l'usine et à force de jouer des bras il parvint à devenir souffleur de verre, non sans difficulté, mais à force d'acharnement il y arrivât, ce qui lui permit de gagner un peu plus et d'envisager mieux leur avenir.
Louise a eu plus de mal à quitter sa maman et son cocon familial mais elle finit aussi un beau jour par répondre aux avances timides et «retenues » de Joseph. Ils se marièrent et emménagèrent ensemble pas loin, à deux pas de portes de leurs parents.
Joseph, son mari, quant à lui, avait le droit de s’asseoir de plus en plus souvent à côté de l’organiste attitré et se perfectionnait ainsi dans son occupation favorite, la musique… Ce dernier,avancé en âge, le laissait jouer de temps à autre, quand personne n'était dans l'église ou le dimanche après que cette dernière s'était vidée après la messe.
Mais, son "projet" avait à voir avec le métier de son papa, qui n’était pas devenu le sien, mais qu’il connaissait de façon parfaite. Il en avait rêvé et était devenu un bricoleur – ébéniste de premier ordre pendant les dernières années de sa vie…


Bon long Weekend !!

samedi 24 mars 2018

Tranches de vie... (23 )

Bon samedi et bonne lecture !



Joseph lui, travaillait déjà depuis les derniers mois de guerre à ce fameux projet… Eh oui, il allait souvent à l’église, aux répétitions de chorale et il jouait de mieux en mieux de l’harmonium familial, comme de cet orgue pneumatique Haerpfer, la nouvelle richesse de l’église rose que l’usine avait financée juste après cette première guerre. Un bel orgue qui, rénové jusqu’à aujourd’hui, joue encore pratiquement tous les dimanches, il faut dire que les curés « passent » plus vite que les orgues….
Louise a eu plus de mal à quitter sa maman et son cocon familial mais elle finit aussi un beau jour par répondre aux avances timides et «retenues de Joseph, et..., Pierre lui se trouva bien avec Rosalie et ils se fréquentèrent eux aussi.
Ces derniers se marièrent les premiers et s’en allèrent « loin » dans le village d’à côté, pour que Pierre puisse travailler enfin à l’usine, il commença comme gamin à la halle…et comme c’était d’usage il aimait son métier comme il se devait et en profita aussi pour prendre très vite « la main » et avancer dans sa formation et sur sa place. Il finit par le métier de « souffleur » de verre. Un métier dur et usant, il rentrait très fatigué tous les jours. Cela ne l'empêcha pas de travailler en plus comme « coiffeur » dans sa cuisine, je vous disais que les moutons lui avaient appris cela..., pour arrondir les fins de semaines. Il adorait couper les cheveux surtout à ses petits-enfants ! Il aimait beaucoup jardiner, en témoignait l'immense jardin qu'il avait créé et ou il passait beaucoup de temps libre à bêcher, ratisser et suer. Pendant mon enfance c'est lui qui m'a intéressé à travailler la terre et comprendre les bases du jardinage au potager. J'en ai de beaux souvenirs et je suis certain que je vais en parler au fil de ces lignes, de plus cela m'a été profitable dans ma jeune vie de responsable de famille...
Rosalie restât à la maison, elle se mit à la broderie, et surtout au tricot et s’affairait tous les jours à la cuisine car depuis fort longtemps elle était habile et créative aux fourneaux...
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mardi 20 mars 2018

Tranches de vie...( 22 )

Bonjour !

Belle journée de "presque printemps" dehors... Bonne lecture.


Après les années de guerre…
Et en 1918, l’Alsace- Lorraine redevint française – l’usine de cristal continua son activité et sa notoriété grandissait. On ne parla, après le traité de Versailles, que de : «  l’Alsace – Moselle » car les parties de la Lorraine non annexées ne passaient pas d’un régime à l’autre, il n’en reste pas moins que beaucoup, encore aujourd’hui, ne connaissent de leurs voisins, et ce même dans les familles, que ce qu’il « fallait » et « pas plus qu’il n’en faut », car cette période a été difficile même dans l’acceptation personnelle de chacune et chacun.
Louise, Rosalie, Pierre et Joseph avançaient tous les quatre en âge et étaient aux alentours de leurs vingt ans à la fin de la Première guerre. Des oncles avaient laissé leur vie pour « pas grand chose » dans cet événement, leurs parents étaient restés assez loin des combats et dans l’ensemble  « inactifs » , car peu de travail, pas d’argent … une période terrible, mais ils ont « survécu » disait mon grand –père Pierre.
Dans les familles de Louise, Rosalie, Pierre et Joseph, la première guerre (mondiale) est passée sans être la catastrophe qu’elle fût pour bon nombre, les villages aussi furent épargnés. D’ailleurs pour cette raison, et ce surtout dans les familles de Louise et Joseph la foi, la religion catholique pratiquée évita que l’on en parlât et quelques souvenirs narrés mis à part, même Pierre ou certainement aussi Joseph, eux-mêmes n’y firent guère référence.
Pierre, quelques fois, parlait de Verdun, mais avec des mots que je ne comprenais pas vraiment, mais ça nous y reviendrons aussi. Joseph était resté dans le village, la grande usine avait changé de propriétaires, ce furent bien évidemment des allemands de la bourgeoisie qui occupèrent surtout les dépendances immobilières de la grande usine. Pendant la guerre, il n’y avait pas vraiment du travail pour les presque deux-mille personnes qui attendaient de meilleures périodes à se mettre sous la dent. On s’en sortait de la meilleure façon qu’on trouvait et ce furent des années terribles pendant lesquelles chacun devait subvenir à ses propres besoins.
Les relations entre les familles grandissaient dans leur qualité, de ce fait et l’entraide était de mise. On partageait, ont s’aidait pour tout, les hommes entre eux et les femmes aussi, il était d’usage de faire la couture, de tricoter, de bricoler dans une parfaite harmonie et ainsi dans la famille il n’était pas du tout grave ou encore motif de jalousie de posséder les mêmes buffets de salle à manger, les mêmes ensembles de lits jumeaux, les grands coins de cuisine avec les bancs parfois les motifs de décoration des portes de meubles étaient un peu plus sophistiqués… Joseph, avec son cousin, Léon, en fabriquaient d'ailleurs et il y en avait des quasi ressemblants dans plusieurs intérieurs de la famille entière, des buffets aux portes ciselées, des chaises cannelées, des tables carrées, rectangulaires avec pied central ou pieds normaux, des lits et beaucoup d'autres réalisations qui ont rendu fiers leurs enfants, jusqu'à nous, aujourd'hui.
A très vite !

jeudi 15 mars 2018

Tranches de vie... ( 21 )

Bonjour,
Terminée la mini cure de printemps, cela fait du bien et nous revoilà dans la routine... faire à manger (Dodo) et chercher la plus jeune à l'école etc... si le temps le permet comme les dernières deux semaines, aller se balader... une vraie vie de retraités !

la suite...

Ainsi allait la vie de Rosalie et Pierre. L’on devinait déjà que Rosalie allait être une femme d’intérieur. Pierre lui, son rêve nous le connaissons mais il avait une petite passion : la tonte des moutons et cela allait lui conférer des idées quelque peu saugrenues plus tard.
Les années de guerre qui s’en suivirent furent par essence tragiques et pour certaines familles dévastatrices, beaucoup de malheurs, de destins brisés et d’horreurs vécues pour tous les enrôlés qui se battaient avec des ex compatriotes… cette première « guerre mondiale » si bien nommée, dura quelques années, mais dans notre famille côté maman ou papa, il n'était que rarement question de ce temps là. La raison je ne l'ai jamais connue et je me suis bien gardé de ne pas poser de questions à ce sujet qui semblait ne pas être apprécié. Alors, je n'ai pas beaucoup de souvenirs de récits ou partages à propos des guerres et des enrôlements successifs par l'Allemagne ou par la France et de ce fait c'est un sujet que je ne pourrais aborder en détails, je le regrette un peu, mais peut-être que psychologiquement cela vaut mieux. Je resterais un garçon né après la guerre mais que l'on n'a pas réellement informé sur le passé de ses parents et grands parents en relation avec celle-ci. (mises à part quelques historiettes et anecdotes que je conterais certainement ). Ceci était en contradiction avec les histoires que racontaient les grands-pères aux copains d'école et j'en étais un peu jaloux en fin de compte. Mais voilà, je ne sais pas aujourd'hui ce que cela m'aurait apporté et peut-être que cela m'aurait gêné lorsque quelques années plus tard j'entamais ma carrière en Allemagne et de plus comme employé de l'Armée américaine... mais cela est une autre histoire …!
Alsace – Lorraine ou Alsace –Moselle…
Pour ce qui est du côté historique, que dire de la complexité de la situation, la Moselle, où vivaient les familles de Louise et Joseph, de Pierre et Rosalie, avait été « rattachée » à l’Empire Allemand et était devenue avec l’Alsace entière (Bas –Rhin et Haut-Rhin) un « Reichsland » et quelques politiques régionaux, des élites et des bourgeois, siégeaient au « Reichstag »… à Berlin !
Mais l’indépendance de ces régions restait très marquée. Cela se sentait, tout comme en politique, aussi et même plus au niveau des religions. La Moselle était une région catholique et l’Alsace plutôt protestante, ce qui allait aussi entraîner des complexités par la suite qui durent encore de nos jours.
Les populations étaient affectées lourdement par le fait de l’obligation à se battre pour les différents camps, allemand ou français. Il est bon, façon de le dire, de savoir que des enfants, éloignés de quelques kilomètres par leur habitat et suivant l’endroit en Moselle, sont restés allemands et leurs enfants et descendants sont depuis toujours français… un méli-mélo par endroit étrange et souvent dramatique… mais comme dit, je ne m’attacherai pas à ces parties et tranches de vies, qui non seulement sont douloureuses, mais desquelles mes arrière-grands - parents et mes grands-parents n’ont que très peu parlé ou quasiment jamais, à croire que ce type de « souvenirs » étaient déjà lourds à vivre et ensuite à porter et nul ne sentait un réel besoin de les transmettre, en tout cas en ce qui me concerne personnellement. Il m'est arrivé depuis quelques dizaines d'années, d'en parler à quelques personnes un peu plus âgées que moi, nées dans les années de guerre et peu après, et, j'en ai retiré quelques informations sur les « résistances », les clans qui cachaient des personnes en danger, des déserteurs de l'armée allemande, ce qui fut valable pour les deux guerres. J'ai appris ainsi que des parents proches ont eu du mal à se décider d'y aller et se sont terrés, ont essayé d'éviter les enrôlements .

Toujours est-il que les historiens régionaux et certains auteurs de livres sur cette période là nous décrivent quelques tragédies de fratries opposées et d’autres faits pour le moins étranges et redoutablement durs d’évocation.
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Made by Saint Louis - début 1900


Bonne fin de semaine à vous.


lundi 5 mars 2018

Tranches de vie... ( 20 )

Un métier de « bouche »…
Pour Heinrich le boucher, les jours normaux étaient très durs aussi, surtout quand il fallait tuer la vache, le bœuf, c’était une époque, on l’abattait après l’avoir bloqué dans une espèce de cintre en bois et cuir pour lui garder la tête en position, avec une balle de fusil. C’était calculé et précis, souvent son fils l'aidait et entre autre nettoyait et chargeait les fusils, mais y ayant assisté moi-même, je peux dire que cela marquait son homme ! "Ce n’était pas un truc de femmelette" comme tuer le lapin ou la poule, non il en fallait, mais c’est un métier et pourquoi donc en faire un monde, il était là pour nourrir les gens du village et au-delà et tout le monde l’appréciait pour cela.
Une de ses spécialités était le saucisson de foie aux herbes et surtout la saucisse de patates (« grumbeerewurst »), avec un mélange de condiments, de lardons et de viande salée, on mettait le mélange dans des boyaux et on grillait à la poêle ou au four. D’autres fois il préparait la « panse farcie » (« g’filter saeumaage » et là aussi les repas étaient succulents et surtout interminables. Le samedi était la journée durant laquelle presque le petit village entier venait chercher les ingrédients du pot-au-feu traditionnel et il fallait se lever tôt pour obtenir les bons morceaux. Résultat, les premiers arrivés mangeaient le meilleur, les autres ce qui restait ou ils se rabattaient sur les ragouts et morceaux moins nobles pour les bouillons. Il vendait donc beaucoup de charcuterie aussi et principalement des « mettwurst » saucisson de chair de viande pas très définissable, que l’on tartinait sur le pain qui lui était réalisé au fournil du village, du pain de seigle bien souvent.
Ces tartines épaisses avec de la moutarde serviraient encore « d'appât » à petits-enfants à Rosalie le jour où elle sera devenue « Oma Rosel », j'en témoigne... et Dieu que c'était bon !
Les petits pots de rillettes de porc très grasses, de même que les pots de saindoux, avec ou sans rillons fins faisaient partie des spécialités qui s’étaient transmises des proches contrées allemandes vers notre région. Cela tenait chaud en hiver, nourrissait son homme et surtout ne coûtait pas trop d’argent.
Rosalie, dès son jeune âge était habituée à traîner dans les pieds et du couple boucher et des clients de la boucherie, elle était la petite de la charcuterie, et Pierre aimait à aller la voir là – bas pour, mais ne le dites pas, se voir offrir la « tranchette » de saucisse de viande, que l’on appelait aussi « Lyonerwurst », allez savoir pour quelle raison et le rapport avec Lyon... ? Rosalie, elle aimait plutôt le fromage séché que faisait sa maman selon une autre vieille recette de fabrication germanique, le « handkaess », fait avec du lait de vache totalement écrémé et pressé à la main dans des torchons, d’où son nom d’ailleurs.

Bien des années plus tard Rosalie aimait toujours ce type de fromage sec et presque translucide, de forte odeur… Dans mes souvenirs, il fallait surtout ne pas oublier d’en acheter car cette tradition n'a pas été oubliée et a été transmise, lors des samedis de « courses » en proche Allemagne… nous y reviendrons…

à suivre.../...
Voilà pour aujourd'hui, nous revenons de quelques kilomètres de balade et cela me fait plaisir de publier comme promis ! Bonne fin de journée et à très vite.


jeudi 1 mars 2018

Bonjour glacial...


Superbe promenade dans l'air glacial de l'après-midi.... 
Que de belles couleurs, c'est superbe et régénérant.
Bonne fin de semaine, pour les "tranches" ce sera lundi ou mardi. 
et aujourd'hui c'est "Défifoto" ! (lien ci-contre)

samedi 24 février 2018

En attendant...

Merci à Anne, Suzanne et  à toi LP... ( et pourquoi pas à tous ceux et celles qui lisent...)

Oui en effet à part quelques rares ajouts et modifications de texte j'en suis au même point.
Comme vous devez le savoir, ou pas mon ami Alsa , Mario) me manque beaucoup, il est vrai que lui aussi avait commencé plusieurs fois son histoire, enfin celle de ses parents et grands-parents... il écrivait ce qu'il avait senti quand ils sont partis tôt pour la plupart... Lui il n'a pas eu le temps ni le coeur de continuer son histoire, il est parti avant... Dieu sait ce qu'il aurait dit encore et jusqu'à quelle période ?...

Mes pré-notes tiennent compte de tout ce qui est derrière moi et dont j'ai le souvenir, parfois vague et imprécis, et des fois comme si cela se passait hier.
Je vais continuer en pensant à ceux qui m'entourent encore et aussi et bien plus à ceux qui ont tous et toutes quitté le monde présent. Je suis certain de ne pas m'ennuyer et surtout continuer à rencontrer votre intérêt pour mes "tranches de vie" qui par ailleurs continuent et dont je vous parle trop peu souvent sur mon blogue "Déjà 2007.." qui pour cela reste actif.

Merci donc à vous mes ami(e)s et à très vite. La villégiature nous appelle et , nous, je, reviendrons requinqués par quelque jours dans la neige et les eaux. Amitiés !
Doume

Mon commentaire sur la dernière publication ne doit pas vous décourager car j'espère trouver le temps de consacrer quelques moments à l'écriture même en "villégiature"... j'ai toujours réussi à le faire, cela se fera aussi cette fois - ci.
A très vite donc !


vendredi 16 février 2018

Tranches de vie...( 19 )


la suite...
Rosalie et Pierre se tenaient quelque peu à l’écart et, à les observer, ils n’avaient pas vraiment d’intérêt pour ce qui se passait, ils riaient ensemble aux blagues de Pierre et de ses petits copains, il y avait là aussi le frère ainé de Rosalie, un bonhomme bien en chair pour son âge, on lui avait d’ailleurs affecté le surnom de « Klotz », le bloc, aussi qualifiable, mais dans son cas avec extrême gentillesse, de « rustre ». Il était vraiment d’un seul tenant, et ce jusque loin dans sa vie. Je me souviens de lui, alors qu’il s’était expatrié vers le travail dans les aciéries de Lorraine… La sœur de Rosalie, Marie, était beaucoup plus discrète et largement moins concernée par ces us dont elle se souciait peu, mais nous y reviendrons aussi…
Le boucher s’affairait avec moult couteaux et hachettes, à le ciseler, dégraisser et découper en parts. Le sang récupéré lors de l’égorgement refroidissait dans les seaux en acier galvanisé et attendait que les femmes aient fini de laver les boyaux pour s’en servir et, avec le sang cuisiné et assaisonné, agrémenté avec des tout petits morceaux de lard frais, confectionner le boudin noir et la saucisse de sang, une spécialité lorraine que l’on fumait ensuite… Certaine femmes du village étaient de vraies professionnelles de cette charcuterie. Elles étaient habituées à confectionner de la charcuterie avec tout ce qui est bon à manger dans le cochon. Une tante faisait les pâtés de tête, une autre les pâtés de foie et tout le monde aimait manger ces charcuteries traditionnelles et très goûteuses. La langue du cochon après que le boucher l’ait parée, était en général cuite le jour même des cochonnailles, elle ne se conservait pas bien sauf en la salant, mais il fallait bien nourrir les participants alors tout ce qui était « cuisinable » de suite passait à la casserole au bon gré de tous les présents.
Le boucher ne s’en allait pas avant d’avoir paré les jambons pour le fumoir, ces derniers allaient être salés dans l’auge en bois, en compagnie des pièces de lard des côtes et de quelques bonne pièces que l’on allait ainsi garder pendant des semaines dans les caves. Un schnaps finissait le partage et un bon café – chicorée, certains y ajoutaient un peu de vin rouge pour la digestion… la fête se finissait et le cochon était déjà oublié….
.../...
Nota : pour celles et ceux qui suivaient "Domidoume", le blog anciennement dédié à "Tranches de vie", c'est ici qu'était allée la dernière publication (Avril 2012) : merci à vous qui suivez, c'est encourageant , mais je crois que cela manque de lecteurs à nouveau... 
Néanmoins je vais aller au bout cette fois -ci , je vous souhaite du plaisir à lire et n'hésitez pas à inviter vos amis et amies à venir lire... Je n'oublie pas de dire merci à ceux qui lisent sans laisser de traces, mais le partage par le blog est finalement à la recherche de ces dernières !

Merci et à la semaine prochaine.


Sur le chemin de Pierre...

jeudi 15 février 2018

Tranches de vie...( 18 )

la suite...


Heinrich, boucher du village de Pierre et Rosalie, était un homme d’origine germanique et très droit dans sa carrure et son métier. Il fallait demander bien tôt dans la saison des cochonnailles pour réserver sa présence lors de l’abattage et du dépeçage du cochon.
Et ce jour là c’était presque cérémoniel, rituel, on tuait le cochon de l'année. Tôt le matin vers 6 heures, le propriétaire de la bête, en l’occurrence le papa de Rosalie, se levait et faisait bouillir un maximum d’eau chaude pour remplir l’espèce de « brancard à cuvette » en bois, une auge rectangulaire à bras, servant à la déplacer, il fallait être à quatre pour ce faire.
Le cochon hurlait, se débattait rudement, maintenu par quatre gaillards du village, le papa de Rosalie entre eux, mais cela ne durait guère longtemps, le boucher avait le coup de main, le bras assuré pour l’assommer d’un coup bien placé avec une masse et ensuite tranquillement pour ne poignarder qu’une fois, à l’endroit précis… Aujourd’hui, on ferait un débat politico-religieux sur cette manière de « tuer le cochon » mais à cette époque là c’était une fête pour tous !
Ensuite, le cochon était lavé sous et dans l'eau bouillante et brossé, les poils éloignés. Avant d’être dépecé et remis en morceaux dans l’auge, on le pendait écartelé et ouvert en deux sur une échelle solide en bois, où il devait alors sécher. C'est souvent, lors de ces « pendaisons » que les enfants des quartiers où cela se passait étaient informés par les parents et grands parents ( pour moi ce fût par « mon grand – père » Pierre que j'ai énormément appris...) de ces traditions et pouvaient ainsi se forger des souvenirs pour leur postérité. En tous cas cela fût mon cas et pour le coup, je ne regrette pas de savoir et d'être ainsi en capacité de transmettre des faits et des us qui méritent de l'être sans fausse pudeur et encore moins sans reconnaître que c'était comme cela depuis des millénaires certainement.
Néanmoins, oui, on peut le dire, que c’était un peu barbare tout cela, mais c’est pour manger, pour la nourriture de la famille, alors personne non plus ne relevait le fait que les enfants, bien souvent en se cachant la vue et se bouchant les oreilles, assistaient eux aussi au « spectacle ».
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Bonne journée !

lundi 12 février 2018

Tranches de vie...( 17 )


Rosalie… la vie dans le village d’à côté…
Sur le retour de l'usine, en passant à quelques ruelles de chez eux, Pierre aperçut comme souvent cette jolie petite fille qu'il aimait bien et qu'il ne manquait jamais d'embêter quand il osait, sur le chemin de l'école. Il la regardait jouer le plus souvent possible, mais n'osait pas trop encore l'approcher car même rebelle Pierre était un tant soit peu intimidé par cette petite, un peu potelée mais tellement vivante: Rosalie, elle n'avait plus qu'une année de scolarité à finir et elle pourrait aider ses parents pour l'élevage et la préparation des viandes pour la boucherie de l'oncle où sa maman travaillait. 
Après avoir sauté du chariot, d’un geste timide de la main, Pierre la salua rapidement ainsi que sa maman et puis s'approcha assez près, et lui glissa quelques mots à l’oreille, certainement gentils, car Rosalie souriait quand il s’en alla en sautillant sur le chemin vers sa maison… Elle vivait dans une maison attenante à leur grande étable et donnant par l'arrière sur les prés et pâtures de leur ferme. Elle savait déjà prendre en main certaines « corvées » à la ferme, comme la distribution de foin, ouvrir les robinets pour alimenter les abreuvoirs et aider maman à la traite.
Elle passait souvent des heures à regarder et parler aux animaux, elle aimait moins les cochons quand ils étaient grands mais les portait avec amour quand ils étaient tout petits et allaités par leur mères. Le reste du temps elle s'adonnait au tricot, comme sa maman et sa grand-maman, une tradition dans la famille, et à aider aux tâches ménagères, balayer devant la porte, la petite cour qui donnait sur la rue qui menait au centre du village.
Le papa de Rosalie était éleveur. Dans la famille on comptait au nombre des différents oncles, un boucher-charcutier et cela donnait aux parents de Pierre un intérêt pour vivre bien de leur activité journalière, car bien sûr le boucher était aussi leur client.
En ce temps là, la boucherie du village était quelque chose de très important, de plus que vital, car le boucher, non seulement faisait son travail de charcutier, mais très souvent c’était lui qui tuait les bêtes, vaches, bœufs, taureaux, cochon, que les éleveurs et aussi les particuliers qui en avaient les moyens, élevaient dans leurs petites étables et dépendances modestes que leur mettait aussi à disposition, l’usine où ils étaient ouvriers.
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Bonne journée !

jeudi 8 février 2018

Tranches de vie ...( 16 )

la suite....



Pierre, ses parents et…
Alors que dire quand grâce à l'activité de papa, il pouvait traverser une grande partie de l'usine et aller décharger le bois transporté près de la halle. Il exultait de joie et en profitait pour aller jeter un coup d'oeil au ballet des ouvriers verriers dans l'antre en chaleur. Pierre ne redoutait en rien les risques de ce métier qu’il trouvait à sa mesure. Eh oui, il pouvait se brûler, se blesser, avoir les muscles endoloris par les efforts des plus de 45 heures hebdomadaires dont il réalisait la dureté. Pour faire ce métier de verrier il fallait du courage et de la volonté, mais Pierre possédait ces qualités et irait au bout. Malheureusement le temps passé à regarder le métier et en découvrir les détails et aléas ne durait jamais assez longtemps. Car pour remonter au village, les boeufs mettaient bien plus d'une heure et demie, alors il fallait repartir au plus vite pour rentrer à la maison à une heure décente pour manger et aller dormir.
Quant à maman, elle était affairée la journée entière à traire, nourrir le bétail et à préparer la nourriture pour papa et l'ouvrier, un gars venu de Roumanie via la Forêt Noire et qui logé, nourri n'en demandait pas plus. Il baragouinait quelques mots d'allemand et comme les habitants du Bitcherland étaient bilingues forcément depuis les années 70 du siècle précédent, cela ne posait aucun problème majeur de compréhension. On appelait ces gens là, des métayers, tout ce qu'il y avait à faire pour les employer était de les nourrir, les coucher et de leur donner un peu de "schnaps" et de vin. Dans la famille de Pierre on distillait ("brûlait") du schnaps depuis des lustres et l'alambic en cuivre et en étain était remisé soigneusement dans une partie de la grange très isolée et fermée à clé. C'était un bien précieux que cet alambic.
Il faut dire que les vergers étaient une autre partie de la propriété familiale et qu'ils fournissaient matière première de grande volée. Des quetsches, des vraies, pas des prunes, bien qu'il y en eut aussi, des mirabelles, des cerises noires ou rouges, des reines-claudes et des poires, des "Williams", composaient l'assortiment de fruits à « schnaps », eau de vie du pays lorrain et d'Alsace. Le rituel de la distillation était pareil à celui des cochonnailles, le village, du moins le grand quartier était présent pour y assister et goûter le liquide enivrant. Bien sûr cette activité était pleinement et uniquement pour la famille, bien que de temps à autre on se laissait aller à vendre l'une ou l'autre bouteille.
Certains, mais pas le papa de Pierre, distillaient même des patates ou d'autres produits de la terre, betteraves entre autres, pour faire du schnaps "thérapeutique", oui cela servait pour se soigner, en cataplasmes par exemple. Pierre s'y est mis un peu plus tard, à « brûler » (« brenne », en patois) car il en fallait, et que tous les jours le bon liquide, servait à réchauffer corps et esprit pour affronter travail et problèmes de la vie.
Dans la pièce principale, la "Stub" disait - on trônait contre le mur un "Kacheloffe", un fourneau imposant en carrés de céramique, cela donnait une petite idée aussi de l'aisance des parents de Pierre. Ce fourneau servait à chauffer la maison d'habitation accolée à la grange, au "Schopf", abri pour les chariots et les outils agricoles, et à l'étable.

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Bon jeudi !
Coucou Françoise....



lundi 5 février 2018

Tranches de vie... ( 15 )

Et revoilà Pierre... { pour Anne ;o) }


Pierre, ce jour là, était assis sur la charrette lourde de bois de hêtre, en billes fendues en longueurs de un mètre. La charrette était tractée par les deux boeufs qui appartenaient à son papa et qui servaient aussi certains jours de la semaine, entre autre, à conduire le bois à l'usine, une sorte de transport d'approvisionnement des stocks de bois de cette dernière. C'était là une activité complémentaire qui permettait de payer plus ou moins l'entretien du maigre matériel agricole qui servait au métier du papa de Pierre. Il était paysan, cultivateur disait-on déjà. Dans le village d'à côté, il faisait partie d'une population assez importante de paysans et d'ouvriers du monde agricole, de métayers pour la plupart. L'emploi agricole, culture de blé et de maïs, de betteraves et de choux blancs, l'élevage destiné à la boucherie, s'étaient bien implantés dans ce village là, où peu d'activité industrielle était de mise.
Pour nourrir le troupeau de quelque vingt vaches et boeufs, le papa de Pierre était très occupé, ses journées duraient une éternité et Pierre ne voyait pas souvent son papa. C'était donc une de ces journées que Pierre savourait réellement et espérait qu'il y en aurait beaucoup d'autres. Mais l'école  lui prenait du temps aussi.
Oh, il n'aimait pas beaucoup aller à l'école, mais quelle autre solution y avait-il ? Il fallait attendre quatorze ans pour aller travailler. Pierre était attiré par la "bête", le monstre, il voulait devenir verrier, souffleur certainement, donc un créateur pour donner du travail aux autres : tailleurs, graveurs et futurs collègues de travail, il y serait bientôt pensait - t'il, dans quelques courtes années il demandera à son papa de l'inscrire sur les listes d'attente...
Après un dernier regard vers le village du haut de la colline, un dernier regard sur la majestueuse église rose, Pierre  et son papa ne tardèrent pas à replonger dans le village et passèrent à quelques enjambées de la maison de Rosalie, une bonne amie de Pierre et une jolie et pimpante jeune fille de la campagne. Souvent, Pierre la regardait avec ses yeux foncés et il évitait d'exprimer ce qu'il pensait au fond de soi. Mais, on s'en doutait, c'était impossible de ne pas le remarquer. Rosalie, elle savait d'ailleurs en jouer. Papa laissa Pierre sauter du chariot et celui-ci, après avoir promis de venir de suite, appela son amie qui était en train de travailler avec sa maman dans le potager immense qui longeait leur fermette.

Pierre avait douze ans et demi et n'était pas encore sorti de l'école, il n'était pas un grand élève mais avait déjà suffisamment appris de choses pour s'en sortir dans la vie. Une particularité de sa personne lui était venue de l'école, on lui reprochait son inattention, il confirmait la chose en signant à l'envers, "erreiP.r...." , on ne sait si c'était là une façon de montrer sa petite rébellion.
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Heureux lundi à celles et ceux qui passent et m'encouragent !!

vendredi 2 février 2018

A propos : ma photo de l'année...?!

Quel dilemme mais il a fallu choisir... en voilà quelques unes....









Pour https://defifoto.blogspot.fr/
j'ai choisi... allez voir si vous voulez !



Tranches de vie... (14)

et voilà la suite...

Pierre du village d’à côté…
A peine sorti de la rue principale, traversant le village et très longue, plus de deux kilomètres, du « village d'à côté », on passe une petite colline et du haut du surplomb on aperçoit, par journées de beau temps, le clocher en pointe ronde et bombée de la "cathédrale en grés rouge" du village de la vallée.
Les différents rectangles et carrés en tons de rose et de rouge des pierres de grès lui donnait une majesté sans pareil. Son toit en tuiles revêtues de métal émaillé, par moments colorées de façon étonnante en tons or, vert, rouge et formant des motifs, lui donnait un air de jamais vu et c'est une partie de ce qui fait encore de nos jours son charme à cette église construite encore au dix-huitième siècle sur une des collines de ce joli village industriel.
En orientant le regard vers la gauche , un peu plus loin sur la route, un chemin de forêt amélioré de gros cailloux écrasés, on apercevait de temps à autre au travers d'une trouée dans la forêt de sapins et d'épicéas, quelques uns des toits, tuilés ou recouvert de plaques de tôle ondulée, de l'usine. On voyait aussi le toit de la halle verrière qui dominait de quelques mètres le reste des bâtiments. Son ossature en poutrelles d'acier peintes ressortait en se distinguant vraiment du cadre tranquille des maisons accolées du village et attestait de la présence réelle de l'usine « à cristal ».  
Le village ne comptait pas ou très peu de maisons individuelles car les petits immeubles construits autour de ceux de l'immeuble, l'avaient été pour loger principalement les travailleurs, d'ailleurs ces derniers ne payaient pas de loyer et l'on considérait que c'était part de leur salaire que de bénéficier d'un logis. Cette pratique a duré pendant des années et il semble que c'était de façon unanime, adopté par la population, cela créait aussi des différends entre les gens qui venaient d'à côté pour travailler. Les directeurs, et patrons ainsi que les "chefs" avaient eux des logements importants, pour la plupart vastes et confortables, comparé aux ouvriers, mais là aussi, il sera temps d'en parler plus tard...

Après une descente en méandres assez sévères, pour aller dans le village, de facto il fallait descendre quel que fut le point cardinal de départ. La route conduisait à la partie la plus éloignée du village mais déjà intégrée, là où se trouvait le moulin, près de la rivière qui traversait l'usine et à fortiori le village, construits le long de cette dernière. Le village était situé dans la « vallée des moines » en patois : « Mönch Tal » et a été appelé par déformation, « Münstal ». Pendant longtemps, personnellement je croyais que c'était à cause de la rivière qui traversait le village que j'ai baptisé, peut-être par oui-dire, « Münz », cela restera une énigme... les deux versions semblent courantes et acceptées l'une comme l'autre et plus grand monde à ce jour ne recherche à ce sujet. Alors laissons cette problématique en plan car finalement elle n'influence ni l'histoire, ni la famille .
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nb : constat : finalement, je ne suis pas très heureux du résultat de mes publications, mais il n'y aura pas d'arrêt cette fois - ci, je continue. Alors à très vite ! Merci à celles qui s'accrochent et me font un énorme plaisir.